Le marché immobilier reste difficile à lire cet automne, tant pour les professionnels que pour les acheteurs. La remontée des taux pèse sur les capacités d’emprunt, mais la volonté de devenir propriétaire est toujours là. Et nos clients en témoignent. Laëtitia Vidal, directrice générale de Pierre Passion, revient sur les leviers qu’elle juge indispensables pour relancer l’accession, retour de l’investissement privé en tête, et sur la place du BRS et du PSLA, cœur de métier de Pierre Passion.

Nous sommes à l’automne 2026. Quel bilan pouvez-vous déjà dresser de l’année ? Y voyez-vous plus clair ?

Malheureusement non, on n’y voit pas vraiment plus clair. Nous avons traversé une année très perturbée, avec un contexte international qui entretient beaucoup d’incertitudes. Les ménages ont aussi été touchés dans leur pouvoir d’achat par le prix des carburants, l’inflation et des taux qui repartent à la hausse.

Ce serait se voiler la face que de dire que tous les voyants sont au vert. Mais nous restons combatifs chez Pierre Passion parce que nous proposons des dispositifs qui permettent toujours d’accéder à la propriété dans de très bonnes conditions.

On parle souvent « d’accession sociale » pour ces dispositifs, alors que le BRS et le PSLA concernent la majorité des Français. À Toulouse et dans certaines communes de la première couronne, les plafonds peuvent rendre jusqu’à 90 % des ménages éligibles. Heureusement que ces dispositifs existent : ils ramènent les prix à des niveaux compatibles avec les capacités d’emprunt.

La volonté de devenir propriétaire reste forte, mais pour une partie de nos clients, la première étude financière vient malheureusement doucher le projet. Entre les taux très bas d’il y a quelques années et des taux qui peuvent aujourd’hui se rapprocher de 4 %, la perte de solvabilité est réelle.

Nos clients pourraient être tentés d’attendre une baisse des prix, notamment dans l’ancien… mais elle ne viendra pas dans le neuf. En effet, une fois additionnés les couts du foncier, des travaux, des honoraires et du financement, il n’y a quasiment plus de marge. De plus les fortes chaleurs de cet été ont rendu plus concrète la différence de confort entre neuf et ancien. Un logement neuf est pensé dès sa conception pour mieux isoler et mieux protéger. Et c’est un avantage certain qui fait pencher la balance.

Quelle politique du logement souhaiteriez-vous pour relancer l’accession à la propriété ?

Ma réponse peut sembler contre-intuitive : pour relancer l’accession à la propriété, il faut que les investisseurs privés reviennent sur le marché.

Pour démarrer une résidence, nous devons en précommercialiser une part importante. Les investisseurs privés ont longtemps constitué une partie de ces premiers acquéreurs, car ils peuvent se positionner très en amont.

La présence des investisseurs sécurise l’opération et permet de lancer le chantier. L’accédant peut alors beaucoup plus facilement se projeter, avec une résidence en construction et une date de livraison claire. C’est pourquoi le retour des investisseurs est , selon moi, un levier pour l’accession.

Il faut donc recréer une incitation à l’investissement privé dans le neuf, fiscale ou autre. Il faut également préserver le prêt à taux zéro, devenu vital pour beaucoup de projets. Enfin, les taux d’emprunt doivent rester à un niveau raisonnable : même avec un PTZ performant et des investisseurs qui reviennent, une nouvelle hausse importante des taux désolvabiliserait mécaniquement une partie des ménages.

En quoi le BRS est-il une solution viable, et dans quel contexte ?

Je crois beaucoup au BRS lorsqu’il est utilisé là où il apporte une vraie réponse à l’acheteur. Il me paraît particulièrement pertinent dans les zones tendues, pour des ménages qui n’auraient pas pu accéder au marché classique.

Son principe repose sur la dissociation du foncier et du bâti : le terrain est porté par un Organisme de Foncier Solidaire et le ménage acquiert les droits réels attachés à son logement. En collectif, cela change finalement assez peu le rapport à la propriété : en copropriété, le foncier reste déjà assez abstrait.

À L’Union, par exemple, nous proposons en BRS des logements à des prix de l’ordre de 30 à 40 % inférieurs à ceux du neuf classique. Pour certains ménages, cette différence rend tout simplement l’achat possible.

Je suis plus nuancée hors des zones tendues ou pour la maison individuelle, encore très liée culturellement à son terrain. Dans ces secteurs, le PSLA conserve toute sa pertinence, pour de jeunes ménages comme pour des seniors qui souhaitent quitter une grande maison sans pouvoir racheter sur le marché traditionnel.

J’ai donc l’intime conviction que le BRS et le PSLA sont très complémentaires. Il faut utiliser le bon dispositif, au bon endroit et pour le bon besoin.

Vos clients ont-ils encore des a priori sur le BRS et comment y répondez-vous ?

En collectif et en zone tendue, nous rencontrons peu de freins. Les réticences sont plus fortes pour la maison, avec cet attachement à la propriété du terrain. Il faut encore expliquer le dispositif et lui laisser du temps.

Mais il faut surtout regarder ce qu’il rend possible : proposer des villas à des prix que nous n’avions jamais vus dans le neuf et remettre un projet sur la table pour des ménages qui avaient renoncé à devenir propriétaires.

Un BRS reste un véritable achat immobilier : l’acquéreur doit être solvable, emprunter et rembourser son acquisition. La différence est que le foncier reste porté par l’OFS et donne lieu au versement d’une redevance mensuelle de l’ordre de 60 à 120€.

Lorsque je dis parfois qu’avec le BRS on peut être « logé presque gratuitement », il faut expliquer la formule : une partie des mensualités rembourse du capital que l’on retrouve intégralement lors de la revente, dans les conditions prévues par le dispositif. La redevance foncière n’est pas récupérée, mais reste très éloignée d’un loyer classique.

Je pense aussi que notre rapport à la propriété peut évoluer. Le BRS nous amène vers une forme d’immobilier d’usage : pouvoir vivre durablement dans un logement de qualité et se constituer un patrimoine, même si l’on ne possède pas le terrain.

Pour un futur accédant à la propriété, quelles sont aujourd’hui les raisons objectives de rester positif ?

 J’ai toujours pensé, et je me le suis appliqué à moi-même, que c’est justement dans les périodes de turbulence qu’il est important de sécuriser sa résidence principale. Être propriétaire de son logement, c’est un patrimoine acquis et un élément de stabilité. Bien sûr, les taux ont remonté. Mais il faut aussi prendre un peu de hauteur : des taux compris entre 3 et 4 % correspondent à des niveaux que nous avons connus pendant de nombreuses années. Ce sont surtout les taux extrêmement bas de la période précédente qui étaient exceptionnels.

Aujourd’hui, nous bénéficions encore d’un prêt à taux zéro très attractif, auquel s’ajoutent le PSLA et le BRS. Ce sont de vrais soutiens à l’accession et je pense qu’il faut en profiter.

C’est vraiment le moment de se pencher sur son projet et d’étudier ce qui est possible. Il ne faut pas renoncer simplement parce que l’on entend que les taux ont augmenté ou que le marché est compliqué. Et Pierre Passion propose les dispositifs et les solutions capables de rendre un projet d’accession à la propriété possible pour le plus grand nombre.